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Autour de l'accent circonflexe

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Message Sujet: Autour de l'accent circonflexe   Mar 31 Déc - 2:20

L'accent circonflexe


Drôle d'accent que l'accent circonflexe : il marque un tas de trucs différents, son usage a fluctué au cours des siècles, il a récemment fait l'objet d'une réforme (avec la "nouvelle orthographe" de 1990)... Il est temps de mettre un petit peu d'ordre dans tout ça, vous ne pensez pas ? C'est parti pour un tutoriel sur l'accent circonflexe. ^^ (Je sais, ce smiley est parfaitement adapté à la situation. xD)

Les origines de l'accent circonflexe


Pour ceux qui voudraient en savoir plus:
 

Les emplois de l'accent circonflexe


Assez disserté ! Il est temps de voir comment fonctionne notre nouvelle connaissance, l'accent circonflexe. Il peut servir à marquer trois types de phénomènes.

1. Une voyelle longue (fête, rêve, pôle, côte, hâle, âme, âge, etc.)
C'est l'emploi historiquement le plus justifié et le plus facile à comprendre : l'accent circonflexe, parce qu'il découle de la fusion de deux voyelles ou d'une voyelle et d'un s non prononcé, marque une voyelle longue : â, ô, î, ê, û. Lorsque l'accent circonflexe s'institutionnalise, au XVIIe siècle, c'est son unique fonction. Sauf que... eh ben oui, la prononciation, ça varie avec le temps, ça varie avec le lieu ! Et certaines voyelles qu'on prononçait longues à l'époque sont maintenant prononcées courtes, d'où la disparition de certains accents. Exemples : on écrivait plûtôt et soûtenir à l'époque ; maintenant, on écrit plutôt et soutenir.

Notons aussi que l'analogie est intervenue. L'analogie, c'est (grosso modo) quand on écrit un mot d'une certaine manière parce qu'il ressemble à un autre mot. On a donc commencé à écrire voûte (par analogie avec croûte) plutôt que voute, rôle plutôt que role (par analogie avec drôle), extrême plutôt que extreme, cône plutôt que cone... D'où, évidemment, quelques irrégularités étymologiques, mais une régularité phonique assez confortable : on entend un son long, on l'écrit avec un accent circonflexe.

I et U
Si ce n'était que ça, ça irait encore. Figurez-vous surtout que la distinction de longueur entre les voyelles n'est plus du tout perceptible pour le u et qu'elle ne l'est que dans un ou deux cas pour le i (comme île et il). C'est un des facteurs ayant poussé les réformateurs de 1990 à virer les accents circonflexes de ces deux lettres, sauf dans la conjugaison et dans les cas d'homonymes (voir point 2). On écrit maintenant ile, gout, aout, plutôt que île, goût, août.

A, E et O
Dans ces cas-ci, la différence de longueur est encore relativement audible, ce qui a mené les réformateurs à conserver (pour un temps encore) l'accent circonflexe. Globalement, un a, un o ou un e prononcé long prendra l'accent, sauf quelques exceptions, comme zone, syndrome ou axiome. Si vous avez du mal avec les distinctions de longueur, voici une astuce permettant de résoudre quelques problèmes. Un accent circonflexe ne suit jamais deux consonnes identiques ! Vous ne croiserez donc jamais de forme telle que bônne, bêlle ou bâlle (parce que la double consonne marque toujours une voyelle brève).

2. Une distinction entre des homonymes (dû/du, côte/cote, jeûne/jeune, tâche/tache, etc.)
Le mot "homonyme" désigne deux types de mots : ceux qui s'écrivent de la même manière (les homographes) et ceux qui se prononcent de la même façon (les homophones). Pour distinguer deux homographes non homophones (donc, des mots qui s'écrivent de la même manière, mais qui se prononcent différemment, comme côte et cote ou tâche et tache), l'accent circonflexe a été ajouté sur celui des deux homographes qui avait une voyelle longue. On en revient donc plus ou moins au cas n°1.

Maintenant, pour ce qui est de distinguer des homonymes parfaits (à la fois homophones et homographes), notamment à cause de la disparition de la différence de longueur entre û et u, î et i... il a bien fallu maintenir un cas difficile à comprendre. L'ancienne orthographe maintenait de nombreux accents différenciant les homonymes parfaits, mais dans la plupart des cas, la différence entre les deux était facile à faire : le contexte dans lequel le mot était dit suffisait à définir le sens qu'il devait avoir. Par exemple, on ne peut pas confondre une boîte et il boite, ces mots-là n'apparaissent jamais aux mêmes endroits.

Il n'existe, finalement, que quelques cas où la valeur discriminante de l'accent circonflexe a tout son sens. Ce sont ces cas-là que la Nouvelle Orthographe de 1990 a maintenus : mûr (par rapport à mur), sûr (par rapport à sur), (par rapport à du)), croît (du verbe croître, par rapport à croit, du verbe croire)) et jeûne (par rapport à jeune). Ce sont aussi les cas d'ambiguïté les plus fréquents entre î et i, û et u.

3. Une valeur verbale (indicatif présent, indicatif passé simple et subjonctif imparfait)
Il y a un endroit où l'usage de l'accent circonflexe est régulier : c'est la conjugaison. On le trouve à quelques cas de l'indicatif présent, à l'indicatif passé simple et au subjonctif imparfait.

L'indicatif présent
Au présent de l'indicatif des verbes en -aître et en -oître, la 3e personne du singulier (il/elle/on) prend un accent circonflexe sur le i de la terminaison, si on respecte l'ancienne orthographe. Nous aurons donc des formes comme il disparaît, il connaît, il croît. Néanmoins, les réformes orthographiques de 1990 ont supprimé la plupart de ces accents : à l'exception de croître, les verbes en -aître et en -oître ne prennent plus l'accent circonflexe sur la 3e personne du singulier. On dira donc il connait, il disparait.

L'indicatif passé simple
Au passé simple de l'indicatif, les deux premières personnes du pluriel (nous et vous) prennent un accent circonflexe sur la voyelle de la terminaison, quelle qu'elle soit. L'origine de l'accent sur la terminaison de la 1re personne du pluriel est étymologique (on disait autrefois nous chantasmes) ; celle de celui sur la 2e personne du pluriel est analogique (elle a imité la forme de la 1re personne du pluriel). Les réformes orthographiques de 1990 n'ont pas touché à l'accent circonflexe du passé simple. On dira donc nous chantâmes, vous chantâtes (de chanter), nous partîmes, vous partîtes (de partir), nous crûmes, vous crûtes (de croire), etc.

Le subjonctif imparfait
À l'imparfait du subjonctif, la 3e personne du singulier (il/elle/on) prend l'accent circonflexe, dans tous les cas. Ce temps est très rare : il a presque disparu de la conjugaison actuelle, ce qui explique que les réformes de 1990 n'y aient pas touché. On écrira donc qu'il eût, qu'il fût, qu'il vînt (cas où l'accent a en outre une valeur discriminante, puisqu'il différencie ces formes de celle du passé simple : il eut, il fut, il vint), qu'il allât, qu'il mangeât, qu'il rît,...

4. Cas particuliers (dérivés, affixes)
Beaucoup de dérivés de mots portant l'accent circonflexe ne le portent plus : ainsi, assurer (dérivé de sûr), conique (dérivé de cône), déjeuner (dérivé de jeûne), gracieux (dérivé de grâce), et d'autres encore. Par contre, les radicaux verbaux gardent l'accent circonflexe (mâcher, dérivé de mâche ; câbler, dérivé de câble ; et bien d'autres).

Attention : il ne faut pas confondre les dérivés avec les mots proches et les emprunts. Ainsi, fête n'a pas pour dérivés festin (emprunté à l'italien) ni festoyer (emprunté au latin) ; forêt n'a pas pour dérivé forestier (emprunté au latin) ; hôpital n'a pas pour dérivé hospitalier (emprunté au latin). La grande question est : comment les reconnaître ? C'est simple. Dans les emprunts, le s n'a pas disparu, on le prononce encore.

Reste le cas des affixes, c'est-à-dire préfixes et des suffixes. Ce sont des "morceaux de mots" qui s'ajoutent pour modifier sa signification et, parfois, sa classe grammaticale. Comme ces "morceaux" sont indépendants du mot, ils gardent toujours leur accent circonflexe, quand ils en ont un. Le seul affixe à posséder un accent circonflexe est le suffixe -âtre (marâtre, acariâtre, opiniâtre,...). Et puisque c'est un cas particulier, il faut bien le retenir par coeur.



Et voilà, ce petit tutoriel est terminé ! J'espère qu'il vous sera utile. Wink



Vous rencontrez un souci avec ce tutoriel ? Venez poser votre question [ici].

Idea N'oubliez pas de lire et de suivre les [règles de la section].

Je soussignée, Amaranthe, accepte qu'un directeur reposte le tutoriel "Autour de l'accent circonflexe" tel que je l'ai rédigé.
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Amaranthe - Templier de l'Orthographe parti en Croisade
(Inspectrice, correctrice et professeur)

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